Parfois, il est plus facile de retirer un poignard du corps d'un homme que de lui demander d'oublier les paroles qu'on vient de prononcer
De quoi ça parle l’Assassin Royal ?
Pour tout amateur de fantasy, l’Assassin Royal est la saga incontournable. Au même titre que George R.R. Martin et Brandon Sanderson, Robin Hobb est l’auteure qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.
Cette saga, qui débute avec L’Apprenti assassin, suivi de L’Assassin du Roi et de La Nef du Crépuscule, plonge ses lecteurs dans un univers riche en intrigues politiques, en aventures et en émotions fortes. Je vous parle ici de la première trilogie qui est un véritable chef d’oeuvre, mais restez connectés car la seconde partie arrive bientôt.
Dans ce premier arc, Fitz Chevalerie, fils illégitime du prince Chevalerie, grandit dans l’ombre du pouvoir. Élevé parmi les serviteurs du château, il développe une capacité rare : le Vif, un lien profond avec les animaux. Son destin bascule lorsqu’il devient l’apprenti du maître assassin au service du roi. Entre intrigues politiques et missions secrètes, il finit par intégrer la famille royale sous un masque tragique : celui d’être l’assassin royal.
De plus, la situation est critique, car le royaume des Six-Duchés vacille sous la menace de mystérieux pirates venus de la mer. À la cour, trahisons et manipulations se multiplient. Fitz doit naviguer entre loyauté et instinct de survie, tout en maîtrisant l’Art, une magie ancienne et puissante. Chaque choix le rapproche d’un destin qu’il n’a pas choisi, mais auquel il ne peut échapper.
À travers les yeux de Fitz, Robin Hobb nous déploie un univers passionnant dans un monde semblable à une époque médiévale emplie de magie, de personnages inoubliables et où le danger rôde à chaque page entre trahisons, rivalités et secrets.
L’Assasin Royal et ses personnages
S’il y a bien une chose que j’adore chez Robin Hobb, ce sont ses personnages. L’auteure excelle dans l’art de créer des êtres complexes et attachants. Chaque protagoniste apporte une dimension unique à l’histoire et on adore les détester, les aimer et les suivre dans leur évolution.
Fitz Chevalerie Loinvoyant : un héros authentique
Fitz est l’incarnation du héros tragique. En tant que bâtard royal, il grandit dans l’ombre du trône et doit sans cesse prouver sa valeur. A la manière d’un Jon Snow, Fitz est victime de son destin mais fait tout pour le prendre en main. Son apprentissage est marqué par la douleur, la solitude et des choix souvent déchirants. À travers son point de vue, le lecteur partage ses doutes, ses souffrances et ses rares instants de bonheur. Fitz est un personnage profondément humain face auquel il est difficile de rester indifférent.
Burrich : la figure paternelle
Burrich, maître des écuries et ancien homme lige du prince Chevalerie, est le premier mentor de Fitz. Homme droit et sévère, il lui inculque des valeurs de loyauté et d’honneur. Personnage complexe, dont les intentions ne sont souvent pas claires au départ, crée une relation difficile avec Fitz. A la fois mentor et figure paternelle autoritaire, leur relation complexe sort des sentiers battus du simple maître et son apprenti.
Umbre : le maître espion énigmatique
Umbre, voilà bien un personnage énigmatique. Assassin à la solde du roi Subtil, il est celui qui initie Fitz aux arts de l’espionnage et de l’assassinat. Discret et manipulateur, il tire les ficelles dans l’ombre, habile marionnettiste et joue un rôle clé dans la destinée de Fitz et du royaume des Six Duchés. Son caractère ambigu, oscillant entre bienveillance et froideur, en fait un personnage mystérieux.
Le prince Vérité : l’incarnation du devoir
Frère cadet de Chevalerie, Vérité est un personnage noble et dévoué. Il incarne le roi idéal, prêt à se sacrifier pour son peuple. Son lien avec Fitz est empreint de respect et d’un grand amour fraternelle. Personnage charismatique, il est à la charge de la défense du royaume grâce à l’Art. Enfermé dans une tour, l’Art semble le ronger à vue d’oeil alors qu’il tente de protéger le royaume.
Royal : l’antagoniste perfide
Royal, le frère cadet de Vérité, est l’un des antagonistes majeurs de la série et l’un des personnages le plus détestable de la fantasy. Ambitieux et manipulateur, il ne recule devant rien pour atteindre le trône. Sa cruauté envers Fitz et ses machinations politiques en font un ennemi redoutable et profondément perfide.
Œil-de-Nuit : un lien indéfectible
L’un des aspects les plus poignants de L’Assassin Royal est la relation entre Fitz et son loup, Œil-de-Nuit. Grâce au Vif, ils développent un lien fusionnel qui transcende la simple amitié. Œil-de-Nuit n’est pas seulement un compagnon, il est une partie de Fitz lui-même. Robin Hobb possède un talent certain pour écrire les animaux et on ressent l’instinct animal d’Oeil-de-Nuit tout au long du récit, qui est bien loin de ce que nous pourrions imaginer. On se demande même si l’auteure n’a pas fait l’expérience elle-même du Vif…
Molly, Kettricken et les figures féminines
Robin Hobb accorde une place importante aux personnages féminins. Molly, l’amour d’enfance de Fitz, représente un espoir d’une vie simple et heureuse, mais aussi une source de douleur pour Fitz.
Kettricken, épouse de Vérité et future reine, incarne la force et la résilience face aux épreuves. C’est un personnage féminin définitivement inspirant et très bien écrit.
Patience, la veuve du prince Chevalerie, se révèle une femme bien plus perspicace qu’elle n’en a l’air, jouant un rôle crucial dans le parcours de Fitz.
Le Fou : un personnage fascinant
Personnage insaisissable et énigmatique, le Fou joue un rôle essentiel dans le destin de Fitz. Proche du trône et doté d’un esprit acéré, il semble toujours en savoir plus qu’il ne le laisse entendre. Sa personnalité excentrique et ses prédictions énigmatiques ajoutent une dimension mystique à l’histoire. Tour à tour ami, conseiller et prophète, il incarne le mystère et l’ambiguïté, tissant un lien étrange et unique avec Fitz. Leur relation complexe est l’un des aspects les plus captivants de la saga.
Grâce à cette galerie de personnages profonds et nuancés, la saga L’Assassin Royal se démarque par une richesse émotionnelle rare dans le genre de la fantasy.

L’Assassin Royal entre magie et politique
L’intrigue de L’Assassin Royal repose sur un subtil équilibre entre politique et magie. Si le premier arc s’avère assez lent, c’est avec une parfaite maîtrise que Robin Hobb fait monter le suspense. Les Six-Duchés, ce royaume aux allures médiévales, sont menacés par les pirates rouges, tandis que la cour est secouée par des complots internes.
Fitz doit naviguer dans un environnement hostile, jonglant entre son apprentissage, ses missions d’espionnage et sa propre quête d’identité. Comme Fitz, nous nous retournons dans les couloirs pour vérifier si quiconque ne dégaine pas un poignard. Et comme Fitz, nous aspirons à une vie plus tranquille, tellement la souffrance s’invite dans son destin.
Je dois vous prévenir, l’Assassin Royal est loin d’être une saga feel good et peut vous dévaster en un chapitre. Les émotions sont si bien retranscrites que chaque moment de ce récit en devient réaliste. Très axée sur la psychologie de ses personnages, Robin Hobb est loin de les épargner. Ne vous attendez pas à des rebondissements positifs, car l’auteure va au bout de ses idées.
L’univers créé par Robin Hobb est dense et immersif entre des magies puissantes : le Vif et l’Art, les manipulations politiques et les tourments des individus tiraillés entre leurs devoirs et leurs aspirations personnelles.
Lire L’Assassin Royal, c’est s’embarquer dans une aventure intense, où chaque choix a des conséquences. Entre trahisons, batailles et moments d’émotion pure, cette saga est magistrale et mérite un succès plus que retentissant, espérant un jour qu’on ait une adaptation fidèle et transcendante de cet univers.
Si vous voulez poursuivre cette aventure, vous pouvez aussi profiter de l’adaptation en bande-dessinée aux éditions Soleil. N’hésitez pas d’ailleurs à lire mes avis sur son autre oeuvre Les Aventuriers de la Mer et ses deux dernières intégrales qui plairont aux amateurs de piraterie.




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